
Il est 2 heures du matin. Vous entendez votre bébé babiller dans son lit. Quand vous allez le voir, il est parfaitement réveillé : il sourit, joue avec sa gigoteuse, essaie de se mettre debout ou observe la pièce les yeux grands ouverts. Pendant ce temps, vous vous demandez comment il est possible qu’un tout-petit soit aussi en forme au beau milieu de la nuit.
Bébé qui veut jouer la nuit, c’est épuisant pour toute la famille. Et même si ces « insomnies joyeuses » sont assez fréquentes, ça ne veut pas dire que l’enfant n’a pas besoin de dormir à ce moment-là.
Tous les bébés ont naturellement des micro-réveils entre les cycles de sommeil plusieurs fois par nuit. La plupart du temps, ces micro-réveils passent inaperçus et l’enfant se rendort seul en quelques minutes.
Si l’enfant reste éveillé plus de 30 à 45 minutes (parfois une à deux heures) sans parvenir à se rendormir, on parle de réveil nocturne prolongé. Certains pleurent et réclament leurs parents. D’autres, au contraire, semblent parfaitement heureux : ils babillent, chantonnent, jouent avec leurs pieds ou cherchent à se lever.
Que votre bébé veuille jouer, babiller, se lever de son lit ou qu’il reste simplement éveillé pendant de longues minutes, ces réveils nocturnes prolongés ont souvent une explication. Alors, voyons ensemble les causes les plus fréquentes et ce que vous pouvez faire.
Beaucoup de parents pensent qu’un bébé qui ne dort pas la nuit a trop dormi dans la journée. Alors que dans la plupart des cas l’inverse.
Quand un enfant accumule de la fatigue, son organisme produit plus de cortisol, une hormone qui maintient l’état d’alerte. Ce surplus de cortisol peut fragmenter le sommeil et provoquer ces longues périodes d’éveil nocturne.
Vous pouvez suspecter une dette de sommeil si votre enfant : lutte contre le sommeil au coucher, se réveille très souvent la nuit, se réveille très tôt le matin, semble irritable dans la journée, présente des éveils inhabituels en pleine nuit.
Dans ce cas, avancer l’heure du coucher de 30 minutes pendant quelques jours permet souvent d’observer une nette amélioration.
Le rythme joue un rôle essentiel. Des temps d’éveil trop longs, des siestes insuffisantes ou un rythme très irrégulier favorisent les réveils nocturnes prolongés.
C’est particulièrement fréquent lors du passage de 3 à 2 siestes , lors du passage de 2 à 1 sieste , ou quand l’enfant se couche très tard ou bien quand les siestes sont systématiquement trop courtes.
Veuillez à ce que le rythme de votre bébé soit régulier et adapté à son âge; Cela aidera à consolider les nuits.
En deuxième partie de nuit, le sommeil devient naturellement plus léger. L’enfant est donc plus sensible aux perturbations extérieures.
Par exemple, une luminosité, même faible, peut indiquer au cerveau qu’il est l’heure de se réveiller. Dans ces cas, des rideaux « black-out » peuvent réduire les réveils nocturnes surtout ceux de 5-6h du matin. Si vous avez des voisins bruyants, le passage des camions poubelles ou une circulation très intense en bas de chez vous, essayez le bruit blanc. Il ferait une isolation sonore et protègerait le cerveau des bruits dérangeants. Ou encore, la chaleur, peut favoriser les difficultés de rendormissement, un sommeil beaucoup plus agité et léger. N’hésitez pas à bien aérer la chambre avant chaque coucher au moins pendant 15 min et à adapter les habilles du bébé pour la nuit.
Le sommeil de bébé est étroitement lié au sentiment de sécurité affective. Lors des périodes de séparation, de changements familiaux, de régressions ou d’entrée en mode de garde, l’enfant peut ressentir des petites angoisses et chercher plus de proximité parentale.
C’est particulièrement fréquent autour de 8-10 mois, 12-18 mois et 2-3 ans. Pendant ces périodes, passez plus de moments de qualité avec votre enfant dans la journée. Vous pouvez aussi allonger le rituel du coucher pour apaiser ces besoins de bébé et remplir son réservoir effectif..
Vous avez surement entendu parler des associations d’endormissement. Si l’enfant s’endort toujours avec une aide très spécifique (bercement, tétée, présence d’un parent, etc.), il peut avoir plus de mal à se rendormir seul lorsqu’il se réveille entre les cycles du sommeil. Cela ne veut pas dire qu’il faut le laisser seul. Cependant, l’accompagner progressivement vers plus d’autonomie, en fonction de son âge et de ses besoins, l’aiderait à se rendormir et lier les cycles du sommeil plus rapidement.
Même si le manque de sommeil reste la cause la plus fréquente des réveils nocturnes prolongés, un excès de sommeil en journée peut parfois également perturber les nuits.
Lorsque les siestes sont très longues ou que la quantité totale de sommeil diurne dépasse les besoins de l’enfant, sa pression de sommeil peut être insuffisante au cours de la nuit. Résultat : il peut rester éveillé pendant plusieurs dizaines de minutes, voire plusieurs heures, sans ressentir assez de fatigue pour se rendormir rapidement.
Si vous vous demandez si votre enfant dort trop ou pas assez en journée, consultez notre article « Tableau du sommeil ». Vous pourrez y vérifier si la durée totale de ses siestes correspond aux besoins de son âge.
Quand un enfant est complètement réveillé entre deux cycles de sommeil, il peut avoir envie d’explorer ou d’utiliser ses nouvelles acquisitions. C’est particulièrement fréquent pendant les grandes étapes du développement : apprentissage de la marche, acquisition du langage, nouvelles capacités motrices ou périodes d’excitation intellectuelle. Le cerveau continue parfois à « traiter » ces apprentissages même la nuit.
Chez les enfants plus grands (souvent à partir de 18 mois ou 2 ans), les réveils peuvent s’accompagner d’une envie de quitter le lit. L’enfant teste ses nouvelles capacités d’autonomie : il appelle, sort du lit, demande à jouer ou à manger, ou veut commencer sa journée. Ce comportement est renforcé quand l’enfant obtient une interaction stimulante au milieu de la nuit (par exemples, les parents le lève ou l’amène dans leur lit ou joue avec lui). Plus vous restez calme et neutre avec l’enfant, plus le message « la nuit, c’est pour dormir » serait adopté par le cerveau du petit, et plus vite son sommeil redeviendrait normal.
Quand vous voyez que votre enfant est pleinement réveillé, voici ce qui peut aider :
N’oubliez pas que si votre bébé reste éveillé pendant des longs moments la nuit, cela ne signifie pas qu’il « ne veut plus dormir ». Analysez les facteurs mentionnés ci-dessus pour adapter vos actions.
Sachez que dans la grande majorité des cas, après avoir identifié la cause, le bébé retrouve progressivement des nuits plus consolidées.