Pleurs et endormissement autonome : toute la vérité.

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De nombreux parents souhaitent apprendre leur bébé à s’endormir en autonomie dans son lit, peut-être dans sa chambre, et à gérer tout seul les micro-réveils. Une chose les freine : les pleurs. C’est aussi votre cas ?

Vous avez sûrement vu sur les réseaux sociaux des images terrifiantes de bébés en détresse, accompagnées de phrases « fortes » destinées à toucher les parents. Dans ces contenus, les opposants à l’EA vous disent que le stress vécu par l’enfant lors de l’apprentissage à l’autonomie du sommeil est néfaste pour son cerveau, son développement cognitif et psychologique. Pire encore, que ces pleurs détruisent le lien d’attachement ! Naturellement, aucune maman ne voudrait ça pour son enfant!

Or, ce qu’il faut savoir, c’est que les arguments des opposants se reposent sur des études, qui n’ont rien à voir avec le sommeil, et encore moins avec l’apprentissage du sommeil autonome. De plus, ils oublient (volontairement?) de préciser la nature, le degré et la durée de l’exposition à ce « stress ». C’est un point très important.

Par ailleurs, l’envie de correspondre à l’image véhiculée par les réseaux sociaux du parent parfait, avec un enfant toujours souriant, provoque chez les parents un sentiment de culpabilité. Ainsi, certaines familles ne dorment pas pendant des mois.

Dans cet article, nous vous dévoilons toute la vérité sur les pleurs liés l’acquisition d’endormissement autonome. 

Est-ce que le bébé pleure pendant EA ? Est-ce normal ?

Pour répondre à ces questions, il est essentiel de comprendre ce qui se passe pendant le processus et ce que ces pleurs représentent. 

Quand on apprend à son bébé l’EA, on lui change ses habitudes.  Par exemple, au lieu de l’endormissement aux bras, au sein, avec le contact physique, avec la présence, au biberon, etc., on va lui montrer qu’il peut s’endormir autrement? C’est à dire, en autonomie dans son lit. Attention, ça ne veut pas dire qu’on le laisse se débrouiller seul! Simplement, on montre une autre façon d’endormissement.

Cette situation est nouvelle pour le bébé. Il n’a pas eu une telle expérience, alors il n’a pas de repères. Au début, c’est de « l’inconnu » pour lui pour. Alors, la première réaction automatique de l’enfant est la protestation. Personne aime changer ses habitudes, n’est-ce pas ? Et le bébé exprime cette protestation par des pleurs, qui sont presque le seul moyen de communication. 

Alors, oui, le bébé peut pleurer pendant l’EA. Oui, c’est normal. On ne peut pas lui interdire de s’exprimer. Mais ces pleurs est une protestation « automatique » au changement, pas un signal de traumatisme ou de peur. Le bébé pleure parce que quelque chose de familier, comme bercement ou tétée pour dormir, ne se produit plus, et il s’adapte aux nouvelles attentes. Pleurer dans cette situation, tout comme pleurer le premier jour de la crèche ou la première fois quand le bébé est gardé par quelqu’un, ne signifie pas que votre bébé se sent abandonné ou en danger. Cela signifie qu’il ne reconnaît pas la situation habituelle.

Est-ce que les pleurs liés l’apprentissage à EA
sont dangereux pour le bébé ?

NON, de nombreuses études le prouvent !

Tout d’abord, prenons la classification de stress élaborée par des scientifiques de l’université Harvard et adoptée par l’Association Américaine des Pédiatres. On définit trois niveaux de stress: positif, toléré et toxique.

 Stress Positif : C’est une réaction normale et brève qui est essentielle au développement, caractérisée par de brèves augmentations du rythme cardiaque et de légères élévations des niveaux d’hormones. Exemple : le premier jour dans un nouveau milieu de garde ou la peur et l’inconfort temporaires lors du vaccin. Avec le soutien d’un adulte, ce stress est nécessaire pour former une réponse saine aux événements négatifs, au danger et aussi à l’adaptation à de nouvelles situations.

Stress toléré : c’est une réaction plus forte et plus longue qui active davantage les systèmes d’alerte du corps. Exemple : la perte d’un être cher, une catastrophe naturelle ou une blessure effrayante. Si ce stress est limité dans le temps et atténué par le soutien des adultes qui aident l’enfant à s’adapter, le cerveau et d’autres organes se remettent. 

Stress toxique : se produit lorsqu’un enfant subit une détresse forte, fréquente et prolongée, comme la violence physique ou émotionnelle, la négligence, l’alcoolisme des parents, la misère liée aux difficultés économiques de la famille, etc. Absence de soutien dans ce cas peut perturber le développement du cerveau pouvant entraîner des problèmes de santé tout au long de la vie. 

Alors, lorsqu’on change des habitudes du sommeil, l’enfant est plus ou moins « stressé », mais le niveau de ce stress est clairement trop bas pour lui faire du mal, car se trouve dans le niveau de « stress positif ».

  • D’autres part, une étude menée en 2008 en Australie confirme que l’acquisition d’EA par les enfants conduit à des réductions durables des symptômes de dépression chez les mères et ne trouve aucune preuve d’effets indésirables à long terme sur les pratiques maternelles ou la santé mentale des enfants.
  • Une autre étude offre des preuves les plus solides . Lors de cette recherche longitudinale  publiée en 2012 , on a suivi les familles après l’EA pendant 5 ans. Après cinq ans, les chercheurs ont constaté  aucune augmentation des problèmes émotionnels ou comportementaux, aucune différence dans le lien de l’attachement entre le parent et l’enfant, aucun impact aux relations parent-enfant. Pas de schémas de stress à long terme  ou d’anomalies du cortisol. En revanche, une privation de sommeil prolongée peut conduire à une augmentation de cortisol de façon permanente ! 
  • Une autre étude a été publié en 2016.  Lorsque les chercheurs ont mesuré le stress, les niveaux de cortisol et les conséquences émotionnelles chez des bébés ayant fait l’EA, ils n’ont trouvé aucune preuve à long terme de perturbation de la régulation émotionnelle.

 

  • On va plus loin. L’Académie américaine de médecine du sommeil a examiné 52 études menées par des scientifiques aux États-Unis et en Europe qui concluent la sécurité et l’efficacité de la thérapie comportementale pour les troubles du sommeil chez les enfants.

 

  • Une autre étude (Paulus et al. (2019) a démontré que les nourrissons qui avaient développé des capacités de sommeil indépendant présentaient en fait une meilleure régulation des émotions au fil du temps ! Et n’oublions pas que ce qui construit et protège le lien d’attachement, ce n’est pas l’absence de pleurs au quotidien, mais la présence d’un parent aimant et réactif tout au long de la journée, les câlins, le contact physique, la connexion pendant le jeu, le contact visuel et l’alimentation…que l’apprentissage à l’EA ne modifie pas. 

Endormissement autonome sans pleurs.
Quelles sont les méthodes sans pleurs ?

Plusieurs méthodes prouvées et approuvées existent, complètement différentes pour le bébé et pour les parents.  

Chez MesNuitsPofondes, nous maîtrisons toutes les approches. MAIS il n’existe pas de méthode qui vous garantie l’absence de pleurs, simplement parce qu’on ne peut pas garantir l’absence de réactions chez le bébé face au changement des habitudes. Si l’on vous promet une approche dite « sans pleurs »,  souvent il s’agit d’un outil de marketing ou d’un travail sur le sommeil qui ne vise pas le changement des habitudes d’endormissement.

Comment aider bébé à s’endormir sans pleurer ?

Grace aux connaissances et à la compréhension du processus, nous pouvons influencer le processus et aider le bébé à atténuer la protestation automatique, à s’adapter plus vite et plus facilement. Comment ? Avec de la  préparation, le bon choix d’approche qui lui convient, une bonne mise en place et de la cohérence des actions et de réactions.

Sait-on en avance si le bébé va pleurer
et quelles seront ses réactions ?

Il est impossible de prédire avec une certitude les réactions de l’enfant, mais son tempérament et l’attitude parentale peuvent nous donner une idée. Ainsi, un bébé très expressif avec des émotions fortes au quotidien aurait une tendance d’avoir les mêmes réactions pendant l’EA. A l’inverse, un bébé avec une expression émotionnelle modérée et/ou une bonne adaptabilité, peut réagir assez calmement.

A la grande surprise des parents (et contrairement aux idées reçues), le bébé ne pleure pas toute la nuit jusqu’à l’épuisement durant tout l’apprentissage. Il s’agit des périodes plutôt brèves seulement les premières fois pendant le changement. Dans certains cas, le bébé pleure beaucoup plus de la fatigue AVANT l’apprentissage que pendant.

Est-ce que la peur des pleurs est un frein dans le travail ?

Notre expérience montre que la panique face aux pleurs du bébé peut perturber le travail sur l’endormissement autonome en rendant le processus plus difficile et plus long. Si le parent a peur des réactions fortes, ça peut l’empêcher de bien analyser la situation, de cerner correctement les signaux du bébé et, surtout, de rester cohérent dans ses réponses au bébé. C’est la raison pour laquelle nous travaillons toujours cet aspect avec les parents lors de notre accompagnement à l’endormissent autonome

On aimerait rajouter que l’apprentissage à l’EA n’apprend pas « à un bébé à dormir », il l’apprend à s’endormir de manière autonome afin qu’il puisse bénéficier du sommeil réparateur dont son corps a déjà envie. Une fois que les bébés peuvent s’endormir et se rendormir sans aide, ils obtiennent plus de sommeil profond, plus de temps en REM, des cycles de sieste plus prévisibles, moins de stress pendant la nuit.

Et n’oubliez pas que le bon sommeil de qualité en quantité suffisante, ce n’est pas un caprice mais un besoin primaire physiologique (comme manger, boire et respirer) pour votre bébé et vous aussi !

Besoin de conseil sur l'endormissement autonome ? Contactez nous !

Ksenia

Fondatrice et consultante en sommeil chez Mes Nuits Profondes

Yuliya

Consultante en sommeil pour bébé et enfants

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